Dix Cauris au Festival Femmes en résistance

•16 juillet 2013 • 2 commentaires

Projection-débat de Dix Cauris pendant le week end Femmes en Résistance à Arceuil ( cinéma Jean Vilar), les 28 et 29 septembre prochain.

DIX CAURIS sera diffusé le 29 septembre à 16h, au cinéma Jean Vilar, à Arcueil.

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Projection DIx CAURIS

•30 août 2012 • Laisser un commentaire

Projection DIX CAURIS, pendant le Week end de L’amorce ( coopérative de films http://www.lamorce.org)

le 22 septembre à la Parole Errante à Montreuil

rue François Debergue

Métro Croix de Chavaux

programme et renseignements sur : http://www.lamorce.org

Projo-débat Dix Cauris ( suite)

•30 juin 2011 • Laisser un commentaire

Le 21 Juin,

 

projection débat du film dans un lycée de Saint dizier

Projection « Dix Cauris »

•24 avril 2011 • Laisser un commentaire

Projection parisienne de « Dix Cauris »

Le 6 mai à La Veilleuse à 21H

Venez voir le film, discuter, et manger un bon Mafé!

Entrée gratuite, cuisine à prix libre

La Veilleuse,Café associatif
26, rue des Envierges
75020 Paris
M° Pyrénées Jourdain Belleville

Dix Cauris…Premiers points d’analyse

•11 avril 2011 • Un commentaire

Le 13 Juin, nous sommes au Mali depuis 6 jours.

Le temps passe, parfois comme si cela faisait deux semaines que nous étions ici, le temps s’étend devant la latitude, nous naviguons dans la ville. Les rencontres sont étranges, ni simples, ni difficiles, mais étranges; entre interrogations, fenêtres brisées ou simple palabre, nous sommes étrangers. Nous sommes arrivées, la terre est rouge, sous une moustiquaire nous nous protégeons un instant, avant de la relever, pour apercevoir un visage que nous n’aurions pu imaginer, ailleurs. Nous habitons un peu à l’extérieur de la ville, Sébénikoro, après le marché, à gauche.

Nous commençons l’enquête, nous rencontrons des petites ONG maliennes qui luttent contre l’excision, les premières questions fusent à la vue des rapports entre actions des ONG et financements, voyant la relation de dépendance cruelle et posant la question de l’efficacité. Qui va s’asseoir et écouter une conférence ou assister à une séance de sensibilisation sur la pratique de l’excision, quand il n’a ni eau, quand il est difficile de trouver du travail, question de priorités? Ou contradiction : les bailleurs de fonds des ONG s’intéressent peu à sensibiliser les villages éloignés, car peu de suivi possible et surtout peu de rendu à publiciser, et les « bonnes » des leadeuses de la lutte contre l’excision sont souvent illétrées et non sensibbilisées. Quelle est cette lutte, à quoi et sur quoi tient-elle ?

Nous réfléchissons , sans juger, point d’interrogation constant, quand nous sommes loin de savoir et de comprendre les fonctionnements millénaires qui font couler le fleuve Niger. Il est encore compliqué pour nous, entretiens aprés entretiens, d’entendre plus que ce qu’il ne se dit, avec l’humilité, de se savoir loin des réalités.

Le 20 juin, une semaine est passée. Le sable est chaud, il roule sous nos pieds, enroule nos chevilles, brouillard bruyant, il s’envole, nous tire, boulet à nos mollets rougis, il fait chaud sur nos peaux trop blanches, l’eau salée entre nos omoplates. Le marché de Sébénikoro crie, vend, souris, «  Toubabou ». Nous marchons, indécentes, les bus, les taxis s’arrêtent pour nous prendre, mais nous marchons ces trente minutes là comme si elles étaient quinze kilomètres. Le sable est chaud, brûlé, même l’ombre se cache du soleil. L’eau en exutoire et le banc posé là, une télé par terre, le Cameroun joue, tout le monde s’agite. Un gamin nous regarde, il porte un débardeur orange avec la tête d’Obama imprimée dessus. Nos corps s’assoient, s’apaisent du soleil et nous réfléchissons à pourquoi nous sommes là : nous sommes parties faire une enquête, interroger les gens, sur leurs pratiques, leurs luttes, nous sommes parties avec des mots écrits sur des feuilles, en projet, nous sommes parties parler de l’excision, des mutilations génitales féminines, entendez MGF, nous sommes parties, loin d’un chez nous indéfini, loin de nos repères, de nos mots, de nos concepts, de nos visions. Nous sommes parties parce que c’était primordial. Nous sommes parties étrangères, nous sommes arrivées comme des étrangères. Le mali est devant nos pieds, devant nos yeux, et nous enregistrons, et nous posons des questions, découvrons les codes, paniquons devant les problèmes posés, incompréhension de l’étranger, de l’étrangeté, j’entends ce qui est étrange, pas habituel, nous rentrons dans d’autres normes, imposées comme naturelles, mais elles ne le sont pas pour nous, alors nous gambergeons, divaguons, explorons. Les discours sont souvent fous et surprenants, ambiguïté parfois quant à l’efficacité, aux pourquoi ou aux sources des envies qui couvrent les financements des projets qui visent les MGF. Nous cherchons à rencontrer les acteurs de cette lutte, pour comprendre les tenants et aboutissants, de la pratique elle-même, à la sensibilisation, en passant par les confrontations de terrain. Hommes, Femmes; jeune fille, médecin, chercheur, journaliste, griot, bailleur de fonds, politicien, formatrice, animatrice, président d’ONG, nous allons partout où nous pouvons, essayant de creuser cette surface que nous apercevons déjà à peine. Les personnes cherchent de l’argent en nous, Français, dans le grand business des bailleurs de fonds; nous, nous cherchons des réponses, reprenons leurs chemins, de vie, de lutte, leurs avancées, leurs conflits, leurs résultats.

Pour des raisons de temps, nous menons notre enquête sur Bamako, Kati ( 20kms de Bamako), Kita ( 190 kms de Bamako) et Mopti ( Pays Dogon). Nous sommes aidées par  le Réseau Malien de Lutte contre les MGF. Ce réseau n’a plus de financements depuis 6 mois, délaissés par son bailleur de fonds en janvier, pour des raisons partagées; les personnes du réseau évoquent le fait que ce bailleur les subventionnait depuis 7 ans et que habituellement ils ne financent que pour 5 ans maximum; le bailleur de fond que nous avons rencontré ( Eglise Norvégienne) nous dira que les résultats manquaient. Le réseau  a été créé afin de coordonner toutes les associations et ONG qui travaillent dans la lutte contre l’excision, il y en a 72 qui font partie de ce réseau, et effectivement, étant donné ce nombre élevé, les champs d’action, terrains, actions menées, différents et diverses, nous comprenons la nécessité d’harmoniser le travail de toutes ces structures et de les faire communiquer afin qu’elles avancent ensemble avec les ressources , les outils, les logiques d’intervention échangées.

Le sujet se porte bien au Mali, la télévision, la radio, les religieux, les communicateurs traditionnels (griots), les gens en parlent, certainement plus librement qu’en France. Sur des principes de droit fondamentaux de disposer de son corps, du droit de l’enfant, de la femme, également au niveau des conséquences sanitaires et médicales. Nous entendrons rarement parler de plaisir, nous entendrons souvent que la femme doit avoir le droit de disposer de son corps dans ce qu’il a d’entier. A savoir ce que cela sous tend, à savoir si l’on définit cette entité de la même façon au Mali et en France, le rapport au corps était difficile à comprendre, on nous en parle peu , et dans la mesure où nous sommes blanches et étrangères, notre corps même , nous éloigne des autres parfois et nous éloigne de ce qui se dit réellement dans les maisons. Les médias en parlent beaucoup… trop ? Certains nous diront que l’excision a pris le devant de la scène, invisibilisant d’autres pratiques néfastes subies par les femmes. Y a t il une volonté d’insister sur l’excision pour dissimuler d’autres pratiques, ou s’agit il simplement d’une fine stratégie consistant à parler et lutter d’abord contre la pratique la plus répandue, pour ensuite s’attaquer aux autres ou pour croire, en tout cas, qu’il en découlera une résurgence de l’émancipation féminine et une lutte dans cette direction ?

Afin de comprendre la situation malienne, nous avons élaboré les guides d’entretien, construit l’enquête, des objectifs aux outils utilisés avec les personnes du Réseau Malien de Lutte contre les MGF. Nous avons travaillé conjointement, créant une équipe de recherche sur le terrain. Nous avons établi une liste des personnes que nous voulions rencontrées et nous sommes parties nous entretenir avec chacunes d’entre elles.

Est ce que la lutte contre l’excision au Mali est une réelle pierre apportée à la lutte pour l’émancipation des femmes maliennes ou une pierre dans l’eau des bailleurs de fonds ? Difficile à dire, ce que nous pouvons pourtant déclarer ce que les personnes que nous avons rencontrées, pour la plupart acteurs de cette lutte depuis plus de 5 ans, sont engagées, travaillent avec passion et acharnement dans la sensibilisation des populations, dans les écoles, auprès des instances religieuses. La sensibilisation fonctionne depuis un moment, même les débuts ont été douloureux. Les villages réclament des séances de sensibilisation, accomplies par les ONG à l’aide de mannequins en bois, très explicites, d’affiches, de témoignages et de récits des conséquences de cette pratique. Mais cela n’a pas toujours été simple, et 5 ans auparavant, les mêmes se faisaient cracher dessus, insulter, faisant honte à la religion et aux pratiques traditionnelles de leur propre pays. Le chemin a été long, ponctué de formation, des groupes, ONG ou assos, qui allaient se former à Bamako, pour beaucoup, au centre Djoliba, organe central de cette lutte, qui usent de formatrices, de conférences, etc…. Les ONG pouvant ainsi former ensuite des personnes dans les villages eux-mêmes, car, à l’heure actuelle, il y a souvent plus de demandes de sensibilisation de la part des communautés que de possibilités de les faire pour les ONG !

Sur le terrain, nous allons rencontrer les acteurs de cette lutte. Des groupes de femmes nous acceuillent, on parle prévention, conséquences de l’excision, on parle du plaisir des femmes, on parle cash en fait; on rencontre aussi des jeunes filles excisées qui ne connaissent pas ce mot. Les femmes se battent, elles nous redisent les insultes, les crachats, les rejets essuyés au début; elles nous disent aussi la demande qu’elles suscitent aujourd’hui, tous les villages leur demandent des interventions de prévention et de sensibilisation, y compris les décideurs religieux et communautaires, car trop de complications post excision : trop de césarienne, de rétention urinaire, de stérilité, d’infections, de mort . On fait des entretiens  avec des médecins, des anthropologues, des griots, des mecs de la radio, des femmes, des hommes. Les mots se libèrent presque, presque plus qu’en France, sur ce sujet, dans les même communautés, assurément plus qu’en France.

Les fillettes sont excisées, pour la plupart, entre 6 et 18 mois comment savoir alors pour elles, que leur corps n’est pas naturellement comme celui qu’elles ont depuis toujours, comme celui de toutes les autres filles qu’elles côtoient, comment se douter que quelque chose leur a été enlevé si personne n’en parle ? L’excision est pratiquée par les femmes, et c’est une affaire familiale, souvent une tante , une grande-mère ou une belle-sœur, amène la fillette se faire exciser, ce sont sa mère et ces mêmes membres de la famille qui la tiennent, lui brisant parfois un poignet, une cheville, lorsqu’elle se débat face à la douleur éprouver. Alors devant cela, seule la sensibilisation peut fonctionner pour éradiquer cette pratique, car comment une loi peut faire reculer une pratique pratiquée sur 90% des filles, comment mettre en place une loi où les membres de la famille devraient en accuser d‘autres, se retrouvant ainsi bannis et créant des guerres familiales impossible à gérer. Comment ? Voilà la question posée à l’état, aux ONG, aux assos, aux personnes, et la majorité savent et nous avoueront qu’une loi au Mali n’est pas possible pour l’instant, qu’il faut agir localement pour que le taux baisse, pour que tout le monde prenne conscience qu’il faut cesser cela. Même si, pour ces acteurs de la lutte, une telle loi pourrait permettre des interventions, lorsqu’on les appelle pour les prévenir d’une excision le lendemain, lorsqu’on les appelle de France pour prévenir l’arrivée d’une fille au Mali qui vient se faire exciser. A l’heure actuelle, ils ne peuvent que tenter de convaincre la famille de refuser cela.

La lute continuera au Mali, parce que ceux qui la font sont persuadés que leur actions fonctionnent et qu’ils peuvent avec la population arrêter cette pratique : «  quand les gens sont sensibilisés, quand ils voient les conséquences réelles de l’excision, ils arrêtent » tant que les financements suivront, elle continuera, épée de Damoclés sur beaucoup de structures qui maintiennent aussi ce sujet comme sujet d’actualité, organisant, forum, rencontres, journée de sensibilisation publique, etc… Pour faire perdurer l’intérêt des financeurs étrangers sur ce sujet.

Qu’en est-il en France, quelle pratique de l’excision dans un pays qui la condamne, quels rapports entretiennent les communautés maliennes de France avec le Mali lui-même, les luttes passent-elles les frontières ? Nous partons de la problématique, que la volonté de faire perdurer des pratiques traditionnelles maliennes en France, dans un désir de faire exister un lien avec  le Mali, ,tend à pérenniser des pratiques telle que l’excision que ces mêmes pays pourtant condamnent et contre lesquels ils luttent. Les Maliens que nous avons rencontrés de Bamako à Mopti, en passant par la région de Kayes, ne veulent pas que des Maliens de France envoient leurs filles se faire exciser au Mali. Ils luttent contre cela, là-bas, et ne peuvent pas comprendre que les familles en France ne participent pas à cette lutte, et essaient parfois, au contraire de la contourner pour revenir à une tradition culturelle, contestée sur place.

L’excision tue et condamne, nous adhérons à la lutte engagée au Mali, nous voulons, nous aussi,  faire abandonner cette pratique à tous. Elle ne doit pas être défendue comme un élément primordial culturel car elle ne l’est plus, la Mali tente de l’abandonner, nous devons en France, relayer cette lutte, comprendre pourquoi elle perdure également ici.

C’est pourquoi, nous sommes, dans un second temps, en route pour rencontrer les communautés maliennes en France, les Français d’origine malienne de seconde ou troisième génération, qui n’ont parfois, jamais été dans leur pays d’origine, les assos et ONg qui luttent ici contre l’excision. Encore une fois pour comprendre et interroger la culture, la pratique et ouvrir les possibilités d’échanges entre les pays comme riche de solution et non comme rapport de force.

« La culture est créée par les hommes, et lorsque cette culture est cause de mortalités infantiles et néo natales, il faut carrément l’abandonner » Citation extraite du Film Dix Cauris

Dix Cauris fait sa caravane

•3 février 2011 • Un commentaire

 

DIX  CAURIS

Film Documentaire 62min

Un Cauris, c’était un coquillage blanc, utilisé comme monnaie aux Pays Dogon, région De Mopti au centre Est du Mali, jusqu’au milieu du Vingtième siècle. Jusque là, tout le monde était payé ou payait les autres en Cauris. Une excision coûtait environ 10 Cauris, 10 coquillages.

Le film porte ce titre, parce qu’il nous met devant une réalité, un fait social, une pratique ritualisée et coutumière, l’excision, qui a son prix, qui a sa valeur culturelle aussi. Nous sommes parties au Mali comprendre cela., poser des questions, interroger la culture, aller à la rencontre, se mêler aux gens, à ceux qui luttent là-bas contre cette pratique.

Ce film est un portrait, le portrait de cette lutte, à travers le visage et les paroles de ceux qui veulent envisager le Mali sans l’excision, ceux qui sensibilisent, forment, ceux qui vont dans les villages informer, ceux qui préparent des lois, ceux qui se battent, les femmes, les hommes. Nous sommes parties et sur le chemin du retour nous avons construit ce film.

Contact :  associationintactes@ymail.com

 

Pour télécharger ce résumé : Un Cauris

 

•1 décembre 2010 • Laisser un commentaire

 
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